Vers 18 mois, un enfant commence à prendre conscience qu'il est un individu à part entière, comme papa et maman. Il commence à nommer les parties de son corps et se reconnait dans un miroir. A partir de ce moment là, il commence à se détacher de ses parents. C'est la première grande phase de séparation d'avec les parents, et elle s'accompagne de quelques heurts.
En effet, l'enfant prend pour exemple ses parents qui n'ont de cesse de répéter qu'il ne faut pas faire ci ou qu'il ne faut pas faire ça, parce que c'est dangereux ou pas adapté ... Et en voyant ses parents agir de la sorte, le petit se dit qu'il peut aussi faire de même. Mais le petit qui prend conscience de lui-même ne comprend pas et n'admet pas qu'il ne peut pas faire comme ses parents. C'est l'âge où il voudrait faire plein de choses par lui-même et l'adulte va s'y opposer. Alors l'enfant frustré se rebelle, il s'offusque, il se met en colère et exige d'obtenir ce dont il a envie. Et tout est bon pour arriver à ses fins : les hurlements, les pleurs, jusqu'à ce que papa et maman cède, se rouler par terre, donner des coups de pieds, abîmer son environnement ... Et si on ne parvient pas à contenir la colère du petit, si on cède à l'enfant, il deviendra un enfant tyran à 3 ans, ceux qui mènent leurs parents par le bout du nez. Et c'est aux environs de cet âge-là que les parents commencent généralement à punir leurs enfants.
Et pour éduquer nos enfants, pour certains d'entre nous, c'est parfois mettre une fessée. Pourtant, personne ne l'avoue clairement : on sait très bien qu'il n'y a rien de bien glorieux dans ce geste. Pourtant, en tant que professionnelle de la petite enfance, l'assistante maternelle sait que la fessée est légalement interdite. On risque de se faire retirer nos agréments pour avoir commis cet acte, voir pire si les parents portent plainte. Et là, les assistantes maternelles savent être sur leur garde et font attention à leur façon de réagir face aux enfants en accueil.
On doit alors avoir conscience lorsqu'on travaille avec des enfants qu'une simple fessée est un coup.
Le mot est délibérément choisi fort. Il faut que chacune d'entre nous ait en tête que si elle recevait une gifle d'une personne quelle qu'elle soit, elle se sentirait humiliée, même si celle-ci était méritée. Et elle n'hésiterait alors pas à porter plainte contre son auteur.
Comment, dans ce cas, penser qu'un enfant accepterait plus facilement la fessée ? Faut-il qu'on soit assez pervers pour se dire que l'enfant n'est pas assez grand pour pouvoir se plaindre de son sort ? ...
Alors on peut se dire qu'une petite fessée de temps en temps, ce n'est rien, pourquoi pas ... ?
On peut se dire aussi qu'on sait faire la différence entre une petite tape et un coup ... ?
En réalité, y a-t-il réellement une différence entre les deux ? Car si un coup laisse des marques sur un corps, une tape laissera aussi des marques dans un esprit. Et encore plus s'il est petit. Et puis quel exemple donnons-nous dans ce cas, alors qu'on s'évertue à longueur de journée à expliquer à sn enfant qu'il n'est pas bien de taper ... Il faut donc être cohérent également dans notre démarche éducative.
Et donner une fessée, c'est admettre qu'on a abandonné notre rôle de parent qui consiste à se faire obéir. D'ailleurs, on regrette souvent notre geste après coup. Et puis c'est facile de taper un enfant. Mais quand celui-ci sera assez grand pour ne plus se laisser faire, comment ferez-vous pour vous faire obéir si vous n'avez jamais utilisé autre chose que la fessée pour vous faire entendre ? L'adolescent n'acceptera plus la claque et pourra même se retourner contre ses parents en faisant appel à la justice.
Nous devons donc trouver une alternative à la fessée dès le départ. Car à défaut de devenir laxiste, il ne faut pas non plus que le parent devienne à l'inverse maltraitant. Afin d'éviter les abus, les parents doivent alors faire preuve d'autorité.
Voilà donc l'alternative à la fessée ? L'AU - TO - RI - TE !!
Comment devient-on autoritaire ?
Tout simplement en exerçant son rôle de parent. Mais c'est quoi un parent ?
Un parent est une personne qui va poser des limites à son enfant. Tout individu fait partie de la société. Et la société a des règles à respecter. Pour devenir un bon citoyen, il est bon de savoir qu'on ne peut pas tout faire. Et c'est vers 18 mois que les parents vont commencer à expliquer à l'enfant qu'il ne faut pas faire ci parce que c'est dangereux, ou parce que ce n'est pas le moment, ou parce qu'on l'a décidé ainsi, et que ce n'est pas autrement.
Alors devenir un bon citoyen plus tard, ben ça commence par des petites choses : manger son assiette sans rechigner, aller dormir quand il est l'heure de dormir, éviter le danger. Ce sont des principes de bases, mais tellement difficile à mettre en place.
Qui n'a pas eu un enfant essayant de se faire vomir pendant les repas, ou stockant la nourriture dans la bouche sans jamais l'avaler ?
Qui n'a pas eu un enfant qui hurlait pour aller dormir, ou qui demandait 1001 choses afin de retarder au plus tard l'échéance (j'ai soif, je veux doudou, un bisou, un câlin, une histoire ...)
Qui n'a pas eu un enfant qui retourne sur les lieux de son crime, pour récidiver, alors qu'on vient de lui interdire cet endroit ?
Il ne sert à rien de donner une fessée, même si l'enfant y retourne une vingtaine de fois, même si l'enfant a le ventre vide, même s'il pleure pendant 2 heures.Etre autoritaire, c'est déjà garder son calme en toute circonstance, et ne pas revenir sur sa décision.
Quand un enfant veut toucher une prise, on lui dit non et on le retourne dans l'autre sens pour qu'il aille voir ailleurs. On détourne son attention. S'il y retourne 2 secondes plus tard, on refait la même démarche, on lui dit non, et on le remet dans l'autre sens. Jusqu'à ce qu'il comprenne que vous ne flancherez pas. C'est usant, mais vous allez répéter ce manège pendant 2 jours, après, vous serez tranquille. L'enfant aura compris.
Quand un enfant ne veut pas manger, on n'insiste pas. On le descend de table, et on le fait poireauter jusqu'au repas suivant tout en évitant la case grignotage. Et ne compensez pas au prochain repas par son aliment préféré, ça ne servirait à rien. Le repas, ce n'est pas un jeu, c'est un moment pour donner des forces à son corps, et là aussi il y a des règles à respecter : on doit manger des légumes, de la viande, un laitage ...
Quand un enfant pleure pendant 2 heures pour ne pas dormir, on le met quand même dans son lit et on le laisse pleurer jusqu'à ce que la fatigue le rattrappe et le fasse dormir. Tant pis si ça incommode les voisins pendant 2-3 jours, après, tout se passera pour le mieux.
Sachez que plus vous attendez, plus vous cédez, ou plus vous vous fâchez, et plus de temps ça prendra pour rectifier le tir.
Des parents, c'est fait pour accompagner leurs enfants jusqu'à l'âge adulte. Il faut admettre que nos enfants ne nous appartiennent pas et qu'ils quitteront la maison un jour. Et pour en faire des adultes bien dans leurs baskets, il faut pouvoir les encadrer correctement dès le départ. Dans la vie, il y a des règles à respecter, et la fessée, c'est certain, n'est pas un moyen de parvenir à ses fins.
Plus facile à dire qu'à faire ? Oui, certainement, mais ça vaut au moins le coup d'essayer.
8. nemo Le 06/10/2009 à 14:42
7. tichou16 Le 02/09/2009 à 17:36
6. louloute31 Le 21/06/2009 à 12:59
5. bébé-ange Le 18/06/2009 à 15:42
4. Sissi Le 18/06/2009 à 15:30
3. chrichri Le 18/06/2009 à 14:28
2. didie33 Le 18/06/2009 à 09:31
1. omeimane Le 04/06/2009 à 22:04
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