Comment se passe une journée d'accueil chez une assistante maternelle ?
On s'imagine aisément une personne tranquille chez elle, avec des enfants qui évoluent joyeusement dans la maison. Des sorties de temps en temps, de longues siestes pour les petits, et une assistante maternelle qui tranquillement est installée confortablement devant son écran de télévision ...
Vous êtes persuadées que c'est un chouette métier ... Et vous souhaitez devenir assistante maternelle ?
Ou alors, vous êtes parents, et vous vous dites que votre assistante maternelle est payée pour rester tranquillement à la maison ... Cool hein, la vie de nounou !!
Alors venez lire cette histoire, elle est véridique, et c'est le quotidien d'une assistante maternelle.
Pour ce faire, nous avons demandé à Julie qui est assistante maternelle en France de nous faire part de ses impressions et de ses astuces pour que tout se passe bien. C'est un mini-roman que nous vous proposons là, et c'est le déroulement d'une seule journée.
Julie est mariée, avec un mari qui travaille de nuit, 2 filles : Alice qui a 6 ans et qui est au Cp, et Dorothée qui a 9 ans et qui est au CM1.
Julie est agréée pour 3 enfants, mais en accueille 4 en semaine, dont :
- 1 périscolaire de 4 ans : Marc, qui ne vient que pendant les semaines d'école, de 6h00 du matin à 8h30. et les mercredis jusque 13h00.
- 1 fille de 18 mois : Laurence, qui vient 5 jours par semaine, de 7h00 à 16h00.
- 1 fille de 15 mois : Lise, qui vient 3 jours par semaine, lundi, mercredi et vendredi, de 8h30 à 18h30.
- 1 garçon de 15 mois : Yves, qui vient 4 jours par semaine sans le mercredi de 8h00 à 19h00.
Pour vous expliquer sa journée, elle va prendre la journée du Lundi, tout le monde vient à tour de rôle ce jour là, vous allez vite comprendre ce que peut représenter une journée de travail, payée à 3€ de l'heure chez une assistante maternelle. J'espère qu'après ceci, vous envisagerez notre profession autrement, comme un vrai métier par exemple ...
5h30 : mon réveil sonne, le temps d'ouvrir les yeux que je suis déjà debout. Je me dirige vers la salle de bain où je me débarbouille rapidement, enfile quelques vêtements, et empoigne mon seau et la serpillère pour nettoyer rapidement les parties accessibles par les enfants : le salon, la salle à manger, et l'entrée.
5h45 : je passe la serpillère ! Ma journée va être chronométrée ! Espérons qu'il n'arrivera rien de fâcheux entre temps. Car avec autant d'enfant, un retard dans le planning du jour, et c'est le bazar ...
6h00 : Marc, le périscolaire arrive. La maison est entrai de sécher. Il dort encore dans les bras de maman enveloppé dans une couverture pour ne pas le réveiller en enlevant son manteau. En chuchotant, maman me donne les consignes de la journée, et je lui fait au revoir de la main. Marc est dans mes bras, je l'installe sur le fauteuil du salon qui est déplié en lit. Il a un petit oreiller et une couverture, car il est grand maintenant, et je le mets dans le salon car c'est la pièce la mieux chauffée de la maison. Il peut s'endormir rapidement ainsi.
De mon côté, je m'en vais lancer une machine pour le linge et je m'en vais faire un peu de rangement dans la cuisine, car hier, je n'ai pas eu le courage de le faire en soirée. Faut dire que les journées sont longues et je suis plutôt du matin !
6h30 : la cuisine est rangée, la vaisselle rangée dans le lave-vaisselle, je vais dans la salle à manger, où je fais un peu de repassage en attendant.
7h00 : Laurence arrive. Elle a 18 mois, et commence à avoir un sale caractère avec ses parents. C'est normal, c'est la période d'opposition qui arrive, la période où l'enfant commence à prendre conscience de lui-même, et où il prend conscience qu'il peut décider lui aussi, comme papa et maman ... et ça crée quelques conflits ! Mais heureusement, à la maison,tout va bien pour l'instant, car je n'incarne pas l'autorité, mais une personne qui prend soin de sa personne et qui lui fait découvrir des choses. L'autorité, c'est maman, et papa aussi, en second plan.
J'ouvre la porte d'entrée, et je m'agenouille pour accueillir à bras ouvert la petite, c'est un rituel tous les matins. C'est important les rituels, c'est grâce à ça que l'enfant arrive à se repérer dans le temps, et un enfant qui a des repères est un enfant plus calme, bien dans sa tête et son corps, agréable à vivre dans la journée. Je lui lance "Coucou ma puce, comment tu vas ? Tu me fais un câlin ? Tu as bien dormi j'espère !!" Elle se jette dans mes bras et Papa me donne le sac. La petite lui referme la porte au nez. C'est un geste que papa apprécie, pour lui c'est un signe que la petite est contente de venir !
"On enlève le manteau ?" La petite essaye d'enlever la fermeture éclair, mais c'est encore difficile, mais le geste est là. Il manque juste un peu d'entraînement. Et elle enlève son manteau seule, et le pose tant bien que mal sur la poussette qui est dans l'entrée. Elle fait office de porte manteau dans la journée.
"On enlève ses chaussures ?" Et là, elle s'asseoit automatiquement en essayant de tirer sur ses lacets. Je l'aide, et elle met ses chaussures sous la poussette.
Je sais que la petite n'a pas encore déjeuné. Il est tôt, et j'accepte de donner le petit-déjeuner aux enfants en accueil jusque 8h00. Au delà, j'estime qu'un enfant a le temps de se lever avec ses parents et de prendre son petit-déjeuner avec ses proches. C'est tout de même mieux de prendre son repas avec Papa et Maman, plutôt qu'avec Nounou ...
Je regarde dans le sac et je demande à la petite si elle a faim, et là, elle me fait un grand oui de la tête ! Je sors le biberon de son sac avec le lait et les céréales,et je lui demande de m'attendre. Elle me regarde m'affairer dans la cuisine, le doudou dans la main. Elle ne rentre pas dans la cuisine, ça, c'est une règle dans la maison : c'est une pièce interdite aux petits, et ils le savent. Quand j'y suis, la porte est ouverte, pour que je puisse jeter un oeil sur eux. Si je n'y suis pas, la porte est tout simplement fermée.
Le micro-ondes sonne et la petite se précipite toute joyeuse sur le fauteuil où se trouve mon périscolaire. Elle sait qu'il ne faut pas le réveiller tout de suite, alors elle monte doucement et chuchotte "dodo" pour m'expliquer que Marc dort encore et qu'il faut faire chut. Assise à côté de moi, la tête dans le creux de mon bras, je lui donne le biberon, tout en lui caressant les cheveux. Une fois terminé, elle me montre la cuisine, histoire de me dire qu'il faut nettoyer le biberon, et signe qu'elle a l'autorisation de descendre du fauteuil pour aller chercher un livre. C'est son plaisir du matin !
Je profite des dernières minutes pour préparer le petit déjeuner des grands.
7h30 : Mon mari rentre du boulot. La petite Laurence va lui faire coucou, et lui demande un câlin. C'est la seule qui soit aussi copine avec mon mari. généralement, les petits ne s'en approchent pas de trop, car il ne s'occupe pas des enfants. Donc ils le laissent tranquille. Mais Laurence, elle a l'habitude de le voir, et elle va toujours le taquiner un peu. Il va prendre son petit déjeuner avec les grands.
Il est l'heure de réveiller mes enfants et le périscolaire. C'est la tâche de Laurence. Chaque matin, toute la semaine, elle va réveiller les grands. Elle commence par Marc et lui chatouile les pieds. Il se réveille de suite, pour aller aux toilettes et prendre ses affaires en route. Il s'habille. Laurence continue son tour et arrive dans la chambre de Alice. Elle lui dit "debout" et lui tire la couverture. Alice qui est réveillée depuis un petit moment, se tourne d'un coup, en faisant mine de repoursuivre la petite ! Elle se sauve en criant, ça la fait bien rire ... On arrive dans la chambre de Dorothée, la plus grande, et là, son lit est en hauteur. je l'aide à grimper l'échelle, et elle va sauter sur le lit. Elel peut toucher le plafond, c'est la plus grande ce matin. Mais Dorothée a le réveil difficile, et elle ronchonne. Alors la petite redescend avec mon aide, et on revient dans le salon.
Marc est déjà à table entrain de prendre son petit déjeuner, et Alice est presque habillée. Chacun s'active de son côté.
8h00 : Yves arrive. En sortant de l'ascenseur, il court jusqu'à moi, le même rituel s'opère : je m'agenouille, lui tend les bras, lui demande si ça va ... Mais il est encore petit, et il faut ruser pour qu'il ne soit pas attristé par le départ de maman. On lui propose à chaque fois d'aller se cacher dans le salon, et maman disparait ! Et tot se passe bien alors. Il fut une période où maman restait de longues minutes chez moi, et le petit pleurait de plus en plus. A force de lui expliquer que plus elle restait, et plus le petit pleurerait. On a fini par s'entendre, et ça s'est calmé petit à petit ... pour le bonheur de tout le monde. Voir ce petit arriver avec ce sourire dans mes bras, c'est tellement valorisant, ça donne du punch pour la journée entière ...
Je ne déshabille pas complètement le petit, dans 1/4 d'heure, nous partons à l'école. je lui ouvre juste un peu son manteau, histoire qu'il n'ait pas trop chaud.
Je coiffe les filles, et je demande aux 3 grands de mettre leurs chaussures et leur manteau. Je m'affaire auprès de la petite, et je raboutonne le garçon.
8h15 : L'école n'est pas loin elle est juste en face de chez moi, et on y va à pied. Un enfant dans une main, un autre dans l'autre main, et on y va ! Le périscolaire est assez grand pour qu'il reste à côté de moi sans me tenir.
Les filles vont à la grande école, et je vais juste à côté à la maternelle avec ma petite troupe. Les petits regardent partout autour d'eux. L'année prochaine, c'est eux qui iront à l'école. Le fait d'y aller chaque jour est important, ils ne font qu'observer, mais ils s'imprègnent déjà de l'ambiance, du monde, et ils voient les professeurs, les classes. Et surtout, ils voient le périscolaire rentrer dans la classe, dire au revoir, et il faut les voir comme ils sont curieux. On sent déjà qu'ils ont envie d'y aller. En tout cas, on fait tout pour que la rentrée prochaine se passe au mieux.
8h30 : J'ai inscrit le périscolaire à la cantine, et nous voilà de retour. Nous croisons en route Lise et sa maman ! Nous échangeons quelques banalités, les consignes du moment, et Maman s'en va. La séparation est encore un peu difficile. Faut dire que les conditions d'accueil ne sont pas idéales. Il vaudrait mieux que la petite arrive directement chez moi, plutôt que de me rencontrer dans la rue. Mais on fait ce qu'on peut aussi parfois, ce n'est pas évident de contenter tout le monde. La petite vient dans mes bras en se tortillant dans les sens et en pleurant de tout son saoûl, mais maman s'en va de suite, et elle se calme rapidement avec un gros câlin. Faut dire aussi qu'elle ne vient que 3 jours par semaine, alors forcément, elle n'est pas aussi habituée que les autres enfants à être à la maison. Papa et Maman sontplus important,et c'est bien normal, ça passera avec le temps, y'a pas de raison.
Mon mari est parti dormir cette fois ci. ça va, notre chambre est la plus éloignée du salon. Et avec ses boules quiès, il arrive à dormir paisiblement. Et puis il a l'habitude.
Les enfants se retrouvent, et je prends enfin mon petit déjeuner. Ben oui, je ne l'avais pas encore pris depuis ce matin. Les enfants déballent u peu les jouets, et vadrouillent un peu par ci et par là dans le salon.
9h00 : je débarrasse vite fait la table, et je prépare les activités manuelles. On fait tout ça sur la petite table, c'est à leur portée, et c'est bien plus pratique, comme à l'école un peu, et c'est bien fait exprès d'ailleurs. Aujourd'hui, c'est la chandeleur, et on va faire des crêpes. Après avoir nettoyer les mains de toute le monde, et mis leur tablier, je prépare un bol avec les oeufs déjà cassés, un autre bol avec la farine, et la bouteille de lait justement dosée. Un grand bol pour tout mélanger, et un fouet. C'est un drôle d'instrument, et les enfants aiment bien mettre leur main à travers.
Laurence ne veut pas toucher, elle ne veut pas se salir. ça me fait bien rire, mais je n'oblige pas. Mais pour mal faire, Lise est assise à côté d'elle, et elle, elle met les mains joyeusement dans la farine et les oeufs et rit aux éclats en montrant ses mains à sa copine horrifiée.
Le petit Yves veut être accompagné. Il n'ose pas toucher, de peur de se faire disputer ! Visiblement on ne touche pas à la nourriture chez lui, ou il n'a pas le droit de se salir. Alors je lui mets le fouet dans la main, et je touille avec lui. Il s'amuse à lever le fouet pour voir la pâte couler. Il trouve cela étrange.
Une fois la pâte à crêpes terminée, je vais mettre le bol dans la cuisine. Je les ferai cuire pendant la sieste de l'après-midi.
10h00 : Je change les couches de tout le monde. Et j'en profite pour leur laver les mains.
On se prépare pour la sortie matinale. Il fait beau, alors on va en profiter un peu. Il n'y a personne encore dans les jardins publics, il fait un peu froid en cette saison, et c'est humide. Mais ça fait du bien aussi de prendre un peu l'air. 2 enfants en poussette, le 3e à côté pour marcher et on est parti.
En cours de route, on va alterner les marcheurs.
Les enfants repèrent les chiens et chats qui passent, c'est la période où ils apprennent les cris d'animaux. C'est même rigolo de constater qu'ils apprennent d'abord à aboyer ou à miauler avant de parler comme des humains. Le langage animalier doit être plus compréhensible, il faut croire ...
Certaines personnes s'arrêtent pour discuter un peu, on est connu dans le coin, on passe toujours à la même heure.
Il y a la petite vieille qui revient des courses, et qui fait toujours une remarque gentille sur les petits, le facteur aussi, qu'on ne loupe jamais, il ne parle pas beaucoup, mais à chaque fois qu'il passe devant nous, il fait aller sa sonnette en faisant coucou. Il y a la voisine qui nettoie toujours son balcon. On ne se parle pas mais si un jour elle n'est pas là, les enfants le remarquent et montre le balcon du doigt ... Chaque détail a son importance. En ce moment de l'année, il n'y a pas grand chose à faire. Mais quand vient le printemps, on respire les fleurs ! Certaines sentent bon. Parfois, on voit même des fruits. Pas loin de chez moi passe la Seine, il y a des bateaux, le RER qui passe, les coureurs à pied. Et puis on connait les coins où il y a des chevaux, des poules, des lapins ...
Quand un enfant fatigue, je change. Je le mets en poussette et j'en mets un autre en marche. C'est pas évident à cet âge, car finalement, ils ont encore du mal à tenir la poussette, ou à marcher droit devant eux. Il faut leur apprendre et ce n'est pas toujour sévident. en plus,il y a la période d'opposition qui arrive, et parfois, on a droit à des scènes de colère ... quand c'est comme ça, c'est pas terrible, mais bon, ça fait parti de leur apprentissage. 18 mois, c'est la période où il faut commencer à instaurer des limites et à s'y tenir. Je pense sincèrement que c'est à ce moment là qu'on devient réellement parent.
11h00 : Nous voila de retour ! On ne sera pas forcément aller loin, mais une heure, ça passe vite avec des enfants qui regardent partout autour d'eux. Je ne perds pas de vue que c'est leur sortie, alors on prend notre temps, et on va à leur rythme.
A la maison, on se déshabille, et je m'en vais en cuisine commencer à préparer les repas. Il ne faut rien oublier, car à partir du moment où un enfant est en chaise haute, il ne faut plus le quitter des yeux !
La cuisine est interdite d'accès, les enfants le savent et ils ne franchissent pas la limite de la porte. Généralement, ils voyagent entre l'entrée et le salon. Ils sont tout petits, mais ils s'amusent déjà à se faire peur avec la pénombre de l'entrée. Ils se font peur en imitant le monstre et s'enfuit à toutes jambes ... C'est rigolo. Parfois, il y en a un qui s'arrête devant la porte pour regarder ce que je fais. Et je lui montre des aliments ou autre ...
11h30 : mes filles rentrent de l'école. C'est un peu le bazar à la maison, il y a beaucoup de monde. Dorothée n'arrête pas de parler de ses copines, de ce qu'il s'est passé à l'école. Alice va généralement dans sa chambre pour avoir la paix.
11h45 : je donne à manger à Laurence, c'est toujours elle qui commence, car c'est elle qui arrive en premier le matin et qui part en premier le soir, donc faut pas lui donner à manger trop tard.
12h00 : c'est au tour de Yves. Les enfants savent dansquel ordre ils mangent. Je n'ai même plus besoin de les appeler. il suffise que je dise "au suivant !" pour que le prochain arrive. Et ils ne se trompent jamais.
12h15 : Lise passe enfin à table ! Il était temps, ça commençait à faire long. J'ai encore de la chance, tous les enfants mangent leur assiette. De toute façon, si un enfant fait le difficile, je ne peux pas m'attarder dessus, je n'ai pas le temps ! Et si l'un ne mange pas, ben il descend de chaise et il retourne jouer. Il ne mangera qu'au prochain repas. Et ils le savent, du coup, y'a pas d'histoire.
12h30 : pendant que les petits digèrent, mes filles et moi nous mettons à table. Pour 'instant, chaque enfant a son propre repas, et il n'est pas utile de les faire manger à table avec nous. Je préfère attendre qu'ils aient 2 ans pour ça. Quand ils mangeront comme nous et qu'ils seront un peu plus autonomes. Et puis là, ça me permet de passer une petite demi-heure avec les miens. C'est aussi pour ça que je suis assistante maternelle, pour m'occuper aussi de ma famille, un petit peu ...
13h00 : il est l'heure de la sieste. Mon mari se lève, il aère un peu la chambre pendant que je change les petits. Il va à son tour prendre son repas.
Je dis aux petits "on va faire dodo ?" Et hop, les voilà qui vont chercher leur tétine ou leur doudou, parfois les deux dans leur sac et on y va. On passe par la salle de bain. C'est automatique, les petits sont déjà entrain de frotter leurs yeux ... Le rituel du dodo a déjà commencé. On joue à la petite bête qui monte, le temps du change, ils adorent. Et leurs rires retentissent dans la maison. C'est curieux même comme un enfant fatigué peut rire aux éclats. Je les mets tour à tour dans leur lit. Chez moi, ils ont tous un petit lit à barreaux en bois. Dans mon département, les lits parapluie sont autorisés, mais on n'a pas le droit de rajouter de matelas, et vraiment, les faire dormir sur une planche de mousse, je ne trouve pas ça terriblement confortable ! De toute façon, quand je les avais ces lits là, je ne les pliaient jamais, même pendant les vacances. J'ai fini par acheter de vrais petits lits, avec des vrais matelas, c'est beaucoup mieux ainsi. Ils sont confortablement installés, en sécurité, et puis question solidité, ils dureront plus longtemps aussi. Ils risquent même de rester là toute ma carrière, c'est certain !
Mes filles sont déjà ressorties pour l'école.
Je mets les enfants dans leur gigoteuse, généralement sans pantalon ou robe pour être plus à l'aise, je leur caresse les cheveux, leur fais un bisou de la main, et je leur dis "à toute à l'heure !!" Je ferme la porte sur eux. Les chambres sont assombries à peine avec un double rideau. C'est juste assez pour qu'ils voient le jour, et qu'ils ne soient pas embêtés par la lumière du jour dehors.
5 minutes après, je n'entends déjà plus rien. Les enfants sont aux pays des rêves.
Pendant ce temps, je discute avec mon mari dans la cuisine, je range, je lave, je ne traine pas ! Je reste encore une bonne heure à remettre un peu d'ordre dans la maison. Tout doucement, sans faire de bruit. Je fais un peu de repassage parfois aussi. Et quand il me reste quelqes instants, je me connecte parfois surle net pour aller discuter avec des collègues. ça fait du bien de se retrouver entre femmes, déjà, et d'avoir les mêmes centres d'intérêt. Heureusement qu'il y a au moins ça pour avoir un peu de conversation avec des adultes, car franchement toute la journée ou la semaine, on n'a pas beaucoup de contact humain avec des adultes, et ça manque. On en arrive parfois à ne plus savoir faire une phrase sans bafouiller. Notre métier est génial, et j'aime son côté très casanier, mais je suis humaine, et j'ai besoin de voir du monde quand même de temps en temps. Et avec mes 60h de travail hebdomadaire, c'est pas évident. Les parents ne se rendent pas toujours comptes. Mais je n'ai aucun RTT dans l'année, et c'est tout juste que je parviens à imposer mes jours fériés chômés. Il n'y a réellement que 5 semaines par an où je ne travaille pas. C'est pas énorme quand même, faut le dire. Mais je ne dois pas me plaindre, j'ai du travail. Et à temps complet, tout le temps. Il y a des périodes de creux, bien sûr, mais j'aiaussi d ela chance d'habiter dans un endroit où je trouve relativement facilement du travail. Et généralement, les contrats que je signe durent plusieurs années et me donnent une certaine sécurité de l'emploi. ça ne sera peut-être pas toujours comme ça, et je dois profiter du moment présent. C'est quand un même un travail basé sur pas mal d'incertitude. Il ne faut pas l'oublier.
Mais aujourd'hui, je dois faire cuire les crêpes, alors pas de loisirs, c'est le travail d'abord.
15h30 : il va bientôt être l'heure du goûter. Je prends mon balai, et je commence à arpenter la maison. Les enfants m'entendent remuer et commencent à se réveiller, en douceur. Dans la maison, personne ne pleure car je leur ai appris que je ne m'occupais pas des enfants bruyants. Et c'est une devise qui fonctionne bien à la maison. Ils savent se montrer patients, et attendent bien sagement dans leur lit. Et puis c'est toujours la même chose tous les jours. Ils savent qu'après le balai, je vais préparer la table du goûter, ouvrir le réfrigérateur, préparer les sacs et les affaires de chacun ... Ils connaissent à l'avance mes faits et gestes, et ça doit les rassurer.
16h00 : je les sors tous du lit. Ils arrivent tout chancelants encore dans le salon. On sonne à la porte, la maman de Laurence est là. Je lui demande de patienter un peu dans le salon pendant que je change et habille la petite. Elel goûtera avec maman à sa maison, comme tous les jours. Je raconte rapidement la journée, ce qu'on a fait et lui glisse dans le sac quelques crêpes enveloppées dans de l'aluminium. Laurence veut à tout prix les montrer à sa mère. Les enfants ne parlent pas, mais ils montrent aux parents à leur façon si la journée s'est bien passée ou pas.
Une fois partie, je donne le goûter à Marc et Lise. Je les change, les rhabille. ça passe vite l'après-midi. Il n'y a que des gestes de soins finalement à effectuer. On n'a guère le temps de faire plus.
16h30 : Mes enfants, Alice et Dorothée reviennent de l'école. Elles gèrent elles mêmes le goûter et me racontent leur journée, ou vont s'isoler dans leur chambre, généralement pour écouter un peu de musique pour la grande et faire un peu de coloriage pour la petite.
17h00 : il nous reste une petite heure avant que Lise ne nous quitte. Selon le temps, on décide soit d'aller faire un petit tour de hors, soit de mettre un peu de musique pour se dégourdir un peu ! Mes enfants font leurs devoirs pendant ce temps. Je ne vérifierai que le soir, je leur fais confiance pour l'instant.
La sortie du soir n'est pas la même qu'au matin. Là, il y a généralement plus de monde dans les rues. Y'a les enfants qui reviennent de l'école, et les parents qui papotent entre eux. des fois on se mêle à eux, surtout quand les beaux jours sont là. C'est d'ailleurs comme ça que je me trouve des contrats généralement ...
Mon mari retourne se coucher pour être en forme pour son travail de nuit ensuite.
18h00 : Lise s'en va. Il ne me reste plus que Marc. C'est un garçon très câlin et il profite qu'il est tout seul pour demander un peu d'attention, le coquin. et c'est avec plaisir que j'accède à sa demande. Généralement, il vient sur le fauteuil avec moi, et on s'amuse comme des fous. C'est un garçon qui a besoin de remuer, alors on chahute avec des bisous et des câlins. Chose que je ne fis jamais quand tous les enfants sont réunis, jene veux susciter aucune jalousie.
Finalement, c'est Lise qui reçoit le moins de câlins dans la journée, car elle est intercalée entre Laurence qui arrive de bonne heure et Marc qui reste tard. Mais ça tombe relativement bien car c'est la petite qui vient le moins souvent dans la semaine, 3 jours tout au plus, alors que les deux autres viennent respectivement 5 et 4 jours par semaine. Et il est vrai qu'on n'a pas la même complicité. Peut-être aussi pour ça que la séparation le matin est un peu plus laborieuse ... ça doit être un tout. Pourtant, je l'aime beaucoup aussi cette petite, et je lui donne le maximum d'attention au moment des repas, activités diverses, changes, mises au lit ... Mais il manque vraisemblablement le petit plus de la journée ... Bon, tant pis, elle a des parents formidables, et je pense qu'elle trouve ce dont elle a besoin auprè d'eux également.
18h30 : Je commence à m'affairer dans la cuisine. Marc m'accompagne, en allant jouer dans l'entrée. En fait, je croi plutôt qu'il guette l'arrivée de maman, il a l'habitude maintenant, et il sait que lorsque je vais en cuisine le soir, elle ne tarde pas à arriver. Alors il s'asseoit avec doudou dans les mains, et il me regarde vaquer à mes occupations. Je lui montre parfois ce que je fais, lui fais sentir, goûter ... ça lui passe le temps.
19h00 : ma journée de travail s'achève. Généralement, je parle un peu plus avec la dernière maman, j'ai le temps de le faire, alors que les autres, il y a toujours un ou deux enfants à surveiller en même temps qu'on discute, et les enfants sont malins, ils profitent qu'il y a moins d'attention de ma part pour faire des bêtises.
Je continue ma cuisine. Et même si ma journée de travail s'achève avec les petits, ma journée à la maison, elle, n'est pas encore finie. Je demande à mes enfants d'aller se laver pour mettre leur pyjama, et lorsque c'est fait, je les laisse regarder un peu la télé, ou jouer un peu ...
20h00 : on mange à 3, mon mari dort encore. Je demande aux enfants des nouvelles de l'école et des devoirs qu'elles avaient à faire pour le lendemain.
20h30 : je débarrasse la table, et on commence à zapper sur la télévision cherchant un programme sympa pour la soirée. J'allume en même temps l'ordinateur et vais rejoindre mes copines. ça fait du bien de se retrouver le soir ensemble.
21h00 : mes filles vont dormir. J'ai enfin la maison pour moi toute seule, je peux faire ce que je veux, c'est le meilleur moment de la journée, et généralement, je me prépare une tasse de thé bien chaude pour fêter ce moment doux et bienheureux de la journée.
22h00 : mon mari se lève à nouveau et se prépare un café. Il mangera au boulot, quand il sera bien réveillé. Ilse contente alors d'un café; On discute brièvement et il s'en va pour la nuit.
23h00 : Le film se termine, je m'en vais dans la salle de bain, me lave, et me mets au lit.
Demain, Lise ne vient pas, je n'en aurais que 2 à la journée. Ce sera plus cool. Mais la journée sera aussi longue. Un peu de lecture, et je mets mon réveil pour mon périscolaire le lendemain, c'est vrai qu'il arrive de bonne heure le pauvre ! il a une drôle de vie quand même ce petit. Mais bon, on ne fait pas toujours ce qu'on veut ...
Bonne nuit à tous. Faites de beaux rêves ...
8. christel Le 22/11/2009 à 09:13
7. tout simplement Le 24/10/2009 à 22:48
6. muriel Le 06/09/2009 à 16:09
5. ravier monique Le 11/06/2009 à 14:56
4. Hélyette Le 09/06/2009 à 18:22
3. sandrine Le 25/02/2009 à 06:54
2. "Jte t'aime" Le 22/02/2009 à 10:03
1. belieth Le 22/02/2009 à 09:59
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